La pédiatrie est à la croisée des chemins
Tous les enfants en France devraient pouvoir bénéficier d’un accès direct au pédiatre, qu’il s’agisse d’un
nouveau-né, d’un enfant ou d’un adolescent, qu’il soit en bonne santé ou vulnérable, ou a fortiori atteint d’une
pathologie chronique.
Chaque enfant dispose d’un droit fondamental à bénéficier de soins de santé les plus appropriés à son état, à son
âge et à ses besoins spécifiques, comme le précise la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE 1989).
Alors qu’en France plusieurs indicateurs sont dans le rouge (la mortalité périnatale et infantile, l’obésité, la santé
mentale…), la profession de pédiatre ambulatoire et son expertise ne sont pas pris en compte par nos gouvernances
successives. Pour beaucoup, cette pédiatrie ambulatoire, la pédiatrie libérale tout particulièrement, n’est pas visible.
Son existence même, dans les propos de certains hauts responsables du monde politique ou de la société civile, voire
même de confrères n’aurait pas d’intérêt !
Certes, les pédiatres ont bénéficié de revalorisations tarifaires récentes, mais celles-ci ne portent que pour les
enfants de moins de deux ans, limitant ainsi notre positionnement, occultant la plus-value de notre expertise sur les
autres tranches d’âge de l’enfance qui va jusqu’à 18 ans.
La reconnaissance de cette expertise par les soignants en général, et par les médecins non pédiatres en particulier,
n’est manifestement pas dans les esprits, car très peu d’enfants nous sont adressés en second recours.
La démographie est stable de prime abord mais demeure très insuffisante. Elle est même à la baisse si l’on
considère la réduction du temps de travail qui s’est instaurée au fil des générations, et la part des pédiatres de plus
de 60 ans. S’en tenir aux chiffres est une grossière erreur, l’offre de soins d’un médecin (et pas seulement d’un
pédiatre) en 2025 est bien plus faible que celle d’un médecin en 1975.
Le nombre de postes de pédiatrie aux EN (épreuves nationales), qui se substituent aux ECN (épreuves classantes
nationales) augmente pour atteindre 600 à l’horizon 2030, mais cet effort, arrivant avec deux décennies de retard, reste
très largement insuffisant.
La réforme de la maquette du DES de pédiatrie fait la part belle au sous-spécialités (cardiologie, pneumologie,
néonatalogie réanimation etc…) mais néglige la pédiatrie ambulatoire.
Les pédiatres ambulatoires sont pourtant force de propositions telles que le développement des équipes de soins
spécialisées, celui des pôles pédiatriques malgré les lourdeurs administratives et des indicateurs inadaptés à la
pédiatrie libérale.
Les structures d’accueil de consultations pédiatriques non programmées recevant des urgences le soir et les fins
de semaines, sont mises à mal par la dernière convention. La nouvelle tarification ne peut être en effet appliquée que
s’il y a régulation par le centre 15, lequel d’une façon générale, ignore les pédiatres libéraux et ne leur adresse aucun
patient.

 

Dr Eric SELLAM                                                                  Jeudi 8 janvier 2026

La pédiatrie de ville est un sacerdoce. Elle mérite plus de reconnaissance. C’est un métier noble dont nous pouvons être fiers.

« Les enfants et adolescents jusqu’à 18 ans ont vocation à être pris en charge, chaque fois que cela est possible, par un médecin spécialiste de l’enfant. »

 

Eric SELLAM
Président du SNPF