2026.08.20 CNPP Communiqué De Presse Mortalité Infantile
Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA)
Collège National des Pédiatres Universitaires (CNPU)
Société Française de Néonatalogie (SFN)
Société Française de Pédiatrie (SFP)
Syndicat National des Pédiatres des Etablissements Hospitaliers (SNPEH)
Syndicat National des Pédiatres Français (SNPF)
Syndicat National des Médecins de Protection Maternelle Infantile (SNMPMI)
Pour une organisation des soins périnataux à la hauteur des enjeux
Trop de nouveau-nés meurent encore en France. Face à ce constat, les pédiatres rappellent que toute décision
concernant l’organisation et la sécurité des soins aux enfants devrait s’appuyer sur leur expertise.
À la suite du rapport de l’IGAS du 4 août 2026 qui a le mérite de mettre en lumière les difficultés de la périnatalité,
le Conseil National Professionnel de Pédiatrie (CNP de Pédiatrie) réaffirme son engagement aux côtés de l’ensemble des
professionnels de la naissance (gynécologues-obstétriciens, sages-femmes, puéricultrices, anesthésistes-réanimateurs et
tous les acteurs de la périnatalité), mais regrette que le rôle des pédiatres, experts en soins aux nouveau-nés, n’y ait pas été
davantage valorisé.
Une expertise indispensable face à une organisation devenue obsolète
Le pédiatre accompagne l’enfant de la naissance à l’âge adulte. En période périnatale, son expertise intervient à
chaque étape du parcours de soins : en salle de naissance en cas de détresse néonatale (1 à 3 % des nouveau-nés), pendant
le séjour en maternité, lors des transports médicalisés, dans les unités de néonatologie et de soins critiques.
Cependant alors que les progrès de la néonatologie ont été considérables depuis trente ans, les recommandations
réglementaires relatives aux soins périnataux reposent encore largement sur les décrets de 1998. L’organisation des soins
durant la période périnatale manque cruellement de gouvernance, tant au niveau national que régional, alors que les
pathologies maternelles, fœtales et néonatales, la grande et l’extrême prématurité, peuvent avoir des conséquences majeures
à moyen et long terme, bien au-delà de la seule mortalité infantile.
Le CNP de Pédiatrie souligne la nécessité d’une organisation régionale et nationale fondée sur des données
scientifiques, médicales et démographiques robustes, intégrant aussi le rôle majeur des inégalités économiques et sociales
et de la précarité.
L’organisation actuelle des structures prenant en charge les nouveau-nés apparait inadaptée aux besoins et en
décalage avec les standards internationaux. La médecine néonatale a perdu en attractivité, les conditions de travail se sont
dégradées ; les difficultés de recrutement et de fidélisation touchent aujourd’hui l’ensemble des professionnels de la
périnatalité, avec des conséquences directes sur la qualité et la sécurité des soins : sous-effectif infirmier dans les services
de néonatalogie et soins critiques néonatals, avec des taux d’occupation parfois supérieurs à 90 %, fermetures de lits,
fragilisation de la permanence des soins, nombre limité d’équipes pour assurer sur tout le territoire les transports néonataux
d’urgence, démographie insuffisante des professionnels de PMI.
Le CNP de Pédiatrie demande des décisions urgentes et concrètes
• Publier de nouveaux décrets de périnatalité, en remplacement de ceux de 1998.
• Mettre à niveau l’organisation des soins critiques néonatals, en s’inspirant de la réforme des soins critiques adultes
et pédiatriques de 2022.
• Renforcer les services de PMI, avec une reconnaissance à sa juste valeur du statut de médecin et de pédiatre de PMI.
• Renforcer les effectifs de pédiatres et développer une politique d’attractivité pour les jeunes praticiens en
néonatologie.
• Garantir la présence d’un pédiatre jour et nuit dans tous les établissements de naissance.
Écouter les pédiatres pour mieux protéger les nouveau-nés
Le CNP de Pédiatrie réaffirme sa détermination à travailler avec l’ensemble des acteurs de la périnatalité pour
construire des solutions concrètes et durables. Il maintient sa confiance dans les travaux engagés, qui doivent désormais se
traduire rapidement par des décisions politiques et des résultats, car derrière chaque statistique de mortalité néonatale, il y a
des enfants, des familles et leur avenir.
Le 20 août 2026
Contacts presse : Dr Emmanuel CIXOUS









